Veillée à ne pas recevoir mes sentiments distingués comme ceux d'un prolétaire (Le narcissisme est exigeant)
Par Roman KENDAR le jeudi 2 octobre 2008, 19:56 - + 2 10 versions poétiques - Lien permanent
On cherche à fuir
Avec ou sans écriture
On va comme des anges
Se reluire l’encre sauvage
Des bons et démons souvenirs.
Une flaque d’encre,
Pourtant,
Ressemble plus à l'impuissance
Dans l’ignorance de la nuit,
Qu’à une carrière de silences.
Les miroirs sont tachés,
De plus en plus souvent,
Par le détachement
Qui nous colle au mur comme le vent.
Je ne me bats plus contre la nuit,
Et comme prévu
J’ai l’air nocturne,
Des yeux et de la démarche.
De plus en plus savant
De mes vies, je remâche
Mon existence.
On dit oui devant,
Et puis non finalement.
Sur la négative perplexe est.
On n’ose pas
On ne préfère pas.
Faut faire bonne figure à la fenêtre
Plutôt qu’ombre pâle
Sur les peaux grasses angoissées
Proposant le visage du miroir
Au bar.
Je ne me bats plus contre la nuit,
Je me vide tout seul
Des after,
De mon obligation de vivre
En pleines joutes.
En plein jour je me déconseillerais
De survivre à l’étalage.
On n’obtempère même pas,
On n’obtient rien de nos dégâts.
On se dit que la mort est à tous les étages.
Devenir fou sans avoir été Méga.
Méga truc
Méga ambitieux
Méga flic pourquoi pas?
Méga mystérieux,
Etre vieux soudain
Par mégarde.
De moins en moins avant
Je regarde derrière,
Et même sans être déçu
J’observe les vers bavoirs
De mes déceptions reniflées
Au biberon,
Comme les joints mélancoliques
Qu’on se partage sans savoir.
On ne saura jamais
Ce qu’on aurait pu être
Sans nous.
Mon rapport sur la condition humaine
Est traité.
Vous le trouverez à côté
De la malformation de mon intellect brut,
Qui lui-même se marche dessus
Sous les trépieds de mon bureau
D’angle.
Rêche de plaisanteries,
Mon âme sournoise je ne la connasse pas.
Je l’évite comme l’esprit malfaisant
Qui, pour ma gouverne,
Ne me discrédite pas plus qu’un appât
Enfin à la faisanderie.
Les enfants trop sages
Finissent en déconfiture,
Ou parfois en dés à moudre
La pédale des semoules.
Picoré comme le grain
Le fou qui ne t’ignore pas
Te sourit comme l’homme au sein
Se confond avec les digressions
De tes propres vanités.
Je cherche à fuir,
Comme toi ça t’arrange
De subir la fuite,
Alors que tu nages dans la fange
Aussi facilement que vers notre festin...
(Espaces)
La démonstration est brute,
L'angle d'écritoire
Et l'homme au coin.
La folie est un angle de vue.
Toutes les pressions
S'auto-concernent
Lorsque ta langue mon point de vue.
Roman KENDAR 02.10.2008
Commentaires
Une fugue pour pronoms et orchestre dans la nuit ...
Ces variations en tonalités majeures et mineures , en notes rondes ou barrées , comme des mêlés et démêlés de la condition humaine ...
A mon oreille sonnent encore :
"On ne saura jamais
Ce qu'on aurait pu être
Sans nous "
"On cherche à fuir
Avec ou sans écriture
On va comme des anges
se reluire l'encre sauvage
Des bons et démons souvenirs "
"le détachement
qui nous colle au mur
comme le vent"
"dés à moudre
la pédale des semoules " ;-)))
"la folie est un angle de vue"...
"Je l’évite comme l’esprit malfaisant", et léviter comme l'esprit qui s'y prend mal. La richesse, de nos secrètes souffrances, produit une panoplie de millefeuilles tous plus complexes les uns que les autres. Pour peu que l'on soit prisonnier de nos lévitations, nous voilà transformé en Léviathan, pivot omnipotent sur lequel le monde ne peut éviter de tourner; l'altruisme est son double dans le maléfique.
(Je précise que ce com est une réflexion à voix haute et non une analyse de l'auteur)
Tu as raison de le préciser, on aurait pu comprendre n'importe quoi sans ces parenthèses.
(Je précise que je plaisante...peut-être...)