On cherche à fuir

Avec ou sans écriture

On va comme des anges

Se reluire l’encre sauvage

Des bons et démons souvenirs.

Une flaque d’encre,

Pourtant,

Ressemble plus à l'impuissance

Dans l’ignorance de la nuit,

Qu’à une carrière de silences.

Les miroirs sont tachés,

De plus en plus souvent,

Par le détachement

Qui nous colle au mur comme le vent.

Je ne me bats plus contre la nuit,

Et comme prévu

J’ai l’air nocturne,

Des yeux et de la démarche.

De plus en plus savant

De mes vies, je remâche

Mon existence.

On dit oui devant,

Et puis non finalement.

Sur la négative perplexe est.

On n’ose pas

On ne préfère pas.

Faut faire bonne figure à la fenêtre

Plutôt qu’ombre pâle

Sur les peaux grasses angoissées

Proposant le visage du miroir

Au bar.

Je ne me bats plus contre la nuit,

Je me vide tout seul

Des after,

De mon obligation de vivre

En pleines joutes.

En plein jour je me déconseillerais

De survivre à l’étalage.

On n’obtempère même pas,

On n’obtient rien de nos dégâts.

On se dit que la mort est à tous les étages.

Devenir fou sans avoir été Méga.

Méga truc

Méga ambitieux

Méga flic pourquoi pas?

Méga mystérieux,

Etre vieux soudain

Par mégarde.

De moins en moins avant

Je regarde derrière,

Et même sans être déçu

J’observe les vers bavoirs

De mes déceptions reniflées

Au biberon,

Comme les joints mélancoliques

Qu’on se partage sans savoir.

On ne saura jamais

Ce qu’on aurait pu être

Sans nous.

 

Mon rapport sur la condition humaine

Est traité.

Vous le trouverez à côté

De la malformation de mon intellect brut,

Qui lui-même se marche dessus

Sous les trépieds de mon bureau

D’angle.


 

Rêche de plaisanteries,

Mon âme sournoise je ne la connasse pas.

Je l’évite comme l’esprit malfaisant

Qui, pour ma gouverne,

Ne me discrédite pas plus qu’un appât

Enfin à la faisanderie.


Les enfants trop sages

Finissent en déconfiture,

Ou parfois en dés à moudre

La pédale des semoules.

Picoré comme le grain

Le fou qui ne t’ignore pas

Te sourit comme l’homme au sein

Se confond avec les digressions

De tes propres vanités.


Je cherche à fuir,

Comme toi ça t’arrange

De subir la fuite,

Alors que tu nages dans la fange
Aussi facilement que vers notre festin...
(Espaces)




La démonstration est brute,

L'angle d'écritoire

Et l'homme au coin.

La folie est un angle de vue.

Toutes les pressions

S'auto-concernent

Lorsque ta langue mon point de vue.

 


Roman KENDAR 02.10.2008