Mesdames,

 

 

L’une d’entre vous a encore su trouver les mots justes, pour blesser. Si je vous écris cette lettre vous comprendrez aisément que ce n’est pas dans le but de vous faire part de mon désarroi, mais plutôt afin de vous rendre ce qui vous revient en général de droit, la culpabilité.

J’ai pris l’habitude de ne plus écouter les femmes, c’est vital, et je ne m’en remets même plus à l’une d’elles lorsqu’il s’agit d’un tuyau pour une recette de cuisine. Même la cuisine ce n’est plus leur tasse de thé. Les femmes ont renoncé à tout. La seule performance qu’elles tentent d’élaborer encore chaque jour, c’est celle de leur niveau intellectuel. Et on peut dire que c’est une franche réussite.

Lorsqu’ils pensent au sexe, les hommes pensent avec leur bite. Les femmes, elles, de façon générale, ont été amputées dès l’origine d’une quelconque activité cérébrale. Et pourtant elles pensent au sexe. Avec quoi ?

Et surtout, comment survivent-elles le reste du temps ? Le reste du temps n’existe pas pour les femmes.

Tout est chair chez une femelle. Nous sortons de leurs entrailles. Il faut se débarrasser de leur emprise.

La meilleure preuve que le sexisme est une forme de grande bêtise, c’est que les femmes ont exigé qu’on invente le mot « féminisme ».

Cependant, le féminisme commençant à passer de mode, la plupart des femmes le repousse loin de ce qu’elles appellent leur conscience. Par contre il faut partager les tâches ménagères car cela reste de bon goût. Sauf la récolte des amas de cheveux crades dans le siphon de la baignoire. Et aussi, entre autres, tout ce qui demande un minimum de réflexion, comme le bricolage. Parfois, elles peignent des tableaux, et ensuite comme elles ne savent pas quoi en faire, un homme plante un clou dans un mur. Chouette idée se disent-elles, je n’y aurais pas songé. Comme elles ont rarement honte d’elles-mêmes, essayons de ne pas avoir le sang qui nous monte au visage à leur place.

Les rares fois où une femme rougit, ce sont les instants où elle ne pense plus au sexe car enfin l’objet de son désir y pense avec elle.

On dit souvent, lorsqu’on veut dédaigner un homme, que c’est un gros con macho. Pourtant la guerre des sexes est une vieille lune.

Finalement, quand on y pense, la menace de la violence aurait dû rester une valeur noble afin que l’équilibre entre les deux sexes soit respecté.

Les femmes ont bien du mal à se faire à leur liberté, puisque l’essence même de la liberté est une notion qui sans cesse demande réflexion.

Maintenant que les bases du cliché ont été posées, tentons d’examiner le tout avec une once de poésie.

Les femmes méritent un peu de poésie, à condition qu’elle soit simple et éminemment descriptive.

 

 

 

 

Elle a mis ses talons

Au rencard

De notre première rencontre

Je lui ai parlé de moi

Avec mon large sourire

Mon plus beau mensonge

Au début je parlais seul

Tout à ma déconfiture maîtrisée

Je choisissais comme sujet

De jolies indiscrétions banales

Je parlais sûrement, tout en restant timide

Comme on ennoblit l’esprit léger d’une femme.

Est venu, à l’heure de jeu,

Mon tour de l’écouter

Et je sentais que c’était pour longtemps.

Un autre jour

Elle m’a mis en face de ses grands yeux bleus ouverts

C’était assez joli aussi

Ses joues roses au dessous de ses fards discrets.

Mais alors que nous jouissions des jours tranquilles

Elle est allée trop loin

En tentant comme dans un jeu de quilles

De me priver de mes appuis stables, de ma liberté.

Elle est restée ma bonne amie

Je vous l’ai dit elle est assez jolie

Mais je crois que son mari ne le sait pas

Car ils ont maintenant des enfants à charge

Et ce sont les leurres.

Tout le monde, c'est-à-dire tous les amis

De leur famille doublée

Les aiment comme une grande maison

De la réussite où l’on peut faire la fête ample.

Personne ne sait qu’elle est belle grâce à moi

Mais je sais que je suis libre

Grâce à elle car chaque semaine

Elle vient me conter ses déboires

Ma belle amie ma jolie garce

Et elle m’emporte lorsque je l’appelle comme ça.

Elle met toujours ses talions,

Et sa vie au rancart

Quand elle vient me voir

Comme pour vérifier que j’avais un peu raison

Et qu’elle a sacrifié l’amour

Sur le plus bel autel que la vie rachète.

Sa plus belle histoire d’amour

C’est nous.

 

 

 

 

Roman KENDAR , éviscéré sur le chant.  Le 27.09.2008