Les trentenaires font de la résistance

Ils se mélangent l’espoir

La queue et le pinceau

L’art et la passion d’exister en France.

 

Les enfants sont des pingouins

Les ados, de la misère.

Les trentenaires sont plus fins

Il leur reste quinze ans à peaufiner le rêve

Ensuite ils seront de futurs retraités.

 

Il y a pire que les trentenaires

Il y a ceux qui ont toujours vingt ans

Vingt ans comme la fête

Vingt ans au cimetière

Va-t-en en enfer !

 

Les trentenaires résistent

Parfois repentant

Souvent en arpentant le risque

D’accéder au gros temps

Dans le sens de la frise.

 

Le papier pingre

Ça se recolle toujours

Dans la mouise

Avec des bises à bout de course

Dégueulant la cerise.

 

Ma vie c’est du gâteau

Depuis la date anniversaire

De mes trente années

Je ne me souviens plus de rien

Comme si c’était hier.

 

J’ai de la mémoire pour mes amis

Je deviens malpoli

Ils insistent pour que j’oublie

Et moi je résiste

En recrachant la cerise.

 

Les trentenaires font les cons

Ils n’ont pas de chien

Pas d’enfants pas de maison

Pas d’impôts pas le moindre bien

Plus de parents

Et à la place un individualisme de sex-toy.

 

Il y a pire que les trentenaires

Il y a les vieux cons légendaires

Qui apportent des gâteaux faits maison

Hurlant affectueusement que l’amour

Ça donne des ailes, quand même…

 

Il y a les putes

Les chiennes

Les salauds en rut

Les vulgaires sans chaines

Et les vieux, secondaires.

 

Il y a le monde qui s’arrête

Après trente ans

Il y a ceux qui lèvent les bras aux ciels

Et leurs yeux confondus

Dans un silence amer mais doucereux

Comme on dénigre la guerre

La bêtise et l’amour

Ceux-là observent tendrement

Leur misanthropie meurtrière avec honte

Et alors

Ils aiment avec une véritable bonté

Celle qui enfin sèche les larmes

Et ameutent tels de nouveaux dieux.

 

Dès lors

Le racisme fait rire

La haine sourit

La bêtise cicatrise

L’ordre est inutile

Sauf les flics

Parce que la sagesse le vaut bien

Dès lors

Le chlore dans l’eau

Les dinosaures à l’eau de rose

L’extinction préfère Channel

Après trente ans de poses

Le monde s’arrête.

 

La vérité ne sort pas de la bouche des enfants

Elle vomit son impatience.

La lucidité est une maladie infantile, heureusement

Pour elle et pour la science

Par exemple.

 

Qui cherche trouve un chiffre innommable

Un nombre qu’on ne peut chiffrer

D’occasions de revivre et de passer à table

A la condition de se raser les incisives

Et de passer au rince-doigts.

Frétiller du pied sous la table

C’est plus aimable que ton âge dépassé

A taper encore du poing pour faire croire.

 

Les trentenaires exigeants

Existeront

Car l’existence vieillarde des intransigeants

Pourrira à cette seule condition.

 

Tous les aigris mourant du monde

S’assistent

En insistant sur la condition commune

Enterrée en lieu et place de l’amour.

 

La sincérité sort de l’âme de l’animal humain…

 

 

 

Cribas 24.09.2008