Ose renoncer. Abandonne tes rêves improbables. Crève d’horreur et de lucidité. Ose.
N’aime plus d’espoir. Ecrase comme on t’a écrasé. Sois le médiocre aigri. Ainsi sans eux, ainsi va vers ton gouffre et laisse les dire que la beauté ne peut être qu’optimiste.
Meurs comme un chien en n’oubliant pas de tendre ta petite papatte d’amant universel.
Laisse toi couler tu bats de l’aile depuis trop de fatigue trempée.


Ou alors…


Entends ma chanson aux salauds. Retourne-leur les beaux discours. Insiste comme si tu y croyais.
Fais d’eux ton point d’appui si tu n’as plus que ce choix qu’ils te proposent.
Espère en cachette. Ne leur dis pas d’eux à toi, ou alors tu les effrayeras et la violence de leur inconscient tentera de se débarrasser de toi en premier.
Sois secret. Crée ton imagination.
Même les voiles enflammées dirigent les mâts les plus solides.
Lorsqu’ils te prononcent une sentence comme « tu es », entends « sois-je ».
Ne désire pas leur rêve perdu. Bats ta chamade à en regagner de l’haleine, et tu verras comme le mât est cassant devant ta respiration indéfectible.

Détruis les tous par l’amour.


Bien entendu…


Ils vont te rire au nez, parce que tu leur auras tiré les oreilles. Fais du lapin ! Ils se reconnaîtront et ton clown pissera de rire avec ses yeux tsouin tsouin. La méchanceté est un art. Celui de faire durer l’ennemi gentiment à sa place jusqu’à ce qu’il ait envie de pleurer de rire avec toi de sa position futile.

La méchanceté, c’est parfois la grandeur du respect que tu as pour tes amis futurs.


Prononce-toi ! Délivre ton cœur qui en délivrera d’autres qui en délivrera d’autres qui en délivrera d’autre qui en délivrera d’autres etc..etc…tagada…gada…gadingue…gada…fada…foufous les pauvres choux et les grosses laitues…


M’ose
Dire que tu n’aimes pas ma chanson !
Mais prose
Ton flingue anathème à l’entrée du salon.

 

Les balles perdues

Dans mon grand buffet

Je n’aime plus

C’est la vaisselle à m’aimer.

 

Ma grand-mère est morte

En me laissant dans l’entrée

Un porte-manteaux culottes

Plein de pulls à broder.

 

Fées de l’haleine

Qu’elle disait

Mais ne prends peine

Sans la forêt.

 

Le sexe de ma grand-mère

C’était celui de la navigation

Et je riais sous le mohair

Où bavait mon envie d’action.

 

Elle soutenait ma langue

Ma grand-mère,

En me retenant, exsangue,

Afin que ma grammaire.

 

Bref, c’est un secret

De couches culottes.

Ma grand-mère est morte

Pour ma première année.


Je n’ose renoncer à ses rêves improbables. Je pense souvent à elle, comme si elle m’avait existé. Alors sans elle je fais avec, et je préfère croire qu’elle ne m’a pas que simplement imaginé.
Depuis que j’ai deux ans, j’ai comme le goût désagréable de la colère des cimetières au fond de la gorge. La poitrine de ma grand-mère a dû être célèbre.


Reconstruis-toi par l’imagination. Imagine que tu rêves…




Et que les salauds meurent à la fin…



« Un mort, une blessée grave légèrement. Ce matin vers 7h30 trois hommes qu’à bouler ont tiré dans le tas dans le vingtième arrondissement de Paris et dans l’attaque d’un fourgon blindé sans butin apparemment mais la finalisation de l’enquête médiatique le confirmera etc…etc…etc… »



Mon radio-réveil me propose toujours un cauchemar à la fin de mes rêves inachevés…








Roman KENDAR, mélangé par l’oxygène et la brume, par l'intelligence et l'azote ivre, le 30.11.2007.