La rossée du teint mat (J.I 2.05)
Par Roman KENDAR le mardi 27 novembre 2007, 21:53 - Journal Infirme 2.0 - Lien permanent
A l’aube de leur humanité ils avaient la sensation enfin, de sortir leur
tronche vaniteuse de l’auge.
C’était à chaque fois un spectacle affligeant pour moi. Toute ma mauvaiseté trouvait à cet instant de quoi faire l’assassin, de quoi accrocher un trophée sur la poutre de la cheminée où sans cesse, j’avais brûlé leurs conseils médiocres durant ma vie.
Et voilà qu’ils mielleux. C’est toi qui avais raison. Explosion. La haine définitive balayait soudain la sagesse qui avait été si difficile à entretenir pendant toutes ces années.
La victoire est une défaite.
Leur violence gardait le même caractère.
Moi je changeai, enfin, à cause d’eux.
J’en avais soudain assez de ma vie à l’envers. Adolescent, je m’étais battu comme un forcené de l’espoir afin de conserver mes idées qu’ils s’acharnaient, eux, à décrire comme des visions apocalyptiques emplies de désespoir.
Ah ils sont beaux les minables renfrognés aujourd’hui !
Ils cherchent enfin à expliquer leurs années perdues.
Dégoût !
Si j’avais su, j’aurais bien plus tôt sauté plus loin, en leur enfonçant la tête dans le sable !
Je ne regrette rien. Au contraire, je souris plus rapidement aujourd’hui, mais plus amer et bien plus acide qu’autrefois.
Ils courbent enfin l’échine et me tancent parce que moi je redresse les épaules !
Ce sont les mêmes !
Ce sont les mêmes ils n’ont pas changé !
Au commencement de leur humilité, moi j’ai déjà connu la mort vingt fois !
Ils m’ont meurtri depuis le début avec leur sourire, et ils voudraient que je meure une fois de plus avec eux. Comme si je devais encore et toujours être digne d’eux.
Ecœurement !
A l’aube de ma propre douleur, je n’avais personne dans le collimateur. Voici leurs premières larmes acides. Trop tard. Mon cœur fragile est maintenant sous vitrine.
J’observe, non sans vice, leurs paumes vides appuyées sur la vitre.
Je ne suis pas là. Désolé je suis parti. Maman est morte et papa ça n’a jamais été mon fort.
Je n’étais pas candide lorsque vos moqueries aveugles…non.
Je suis la main pleine et lourde qui appuie sur vos nuques faiblardes à la tourbe d’aujourd’hui !
Pauvres cons !
La vengeance ce n’est pas beau ?
Oui c’est vrai, mes sachets qu’en méchanceté par bêtises de nuitée gratuite non plus !
Bande de minables !
Ils sont contents de leurs sonneries.
Ça fait comme un verre de bière versée, ça fait comme un GAG vu à la télé, ça fait comme la classe, cancre qui fait sourire alors on baisse les yeux et il est content le vampire des salles de récrés. Pour éviter le fou rire il faut baisser les yeux. Ça le rassure et puis on est contents. On est aussi cons que lui, mais on se comprend.
A l’aube de la médiocrité j’en avais assez de tout ça. De toute cette bave, de leurs beuveries communautaires, de leurs cinés de cons, de leurs clins d’œil sournois et auto satisfaits pourvu qu’ils soient du même clan.
A l’aube de mon suicide j’avais dit tout et n’importe quoi. Il n’y avait que dans l’aube que je comprenais que la vie ne rimait à rien, et que la poésie minait le vin.
Rien du trou. Rien à frire. Rien à poils. Riens obsèques. Riens arènes. Cimetière des arêtes et des os broyés par les chars.
Rien d’aryens. Rien du toux. Rien d’autant.
Plus que le rhume venté des parvis.
Fatigué persiffleur.
La mort au trou !
Les traits flâneurs de tombes à genoux.
On peut tout dire et n’importe où
Pourvu que l’aveu…
Dire quelques proses.
Pourquoi sans kiki né
Jouer au doudou tout rose
Sur l’oreiller qui se gausse ?
Mes amours Zan café.
Railleurs de vos iris bien posés,
Mes lys de lâches.
J’ai vin cuit ma mémoire
En absorbant tous vos combats !
Et ça sent pas la rose
Lorsque vous ouvrez vos baies à bas !
Enfin les cons les connes
Les étrons de l’école.
A l’aube de mon humanoïde sanglant, je préfère continuer tout ce que je suis cinglé. Esseulé, s’il vous plaît ! Pour garder ma forme de rien à vous cirer.
Roman
KENDAR, identifié une fois de plus parce qu’il n’a pas vécu
avant de le comprendre, le 27 Nos ventres deux moules
sèches.
Commentaires
Amère amère , la rosée ce matin ...Heureusement le calembour du b a ba jusqu'à zède , en long en large et en couleurs , ça fait passer des goûts qu'on ignorait !
Oui... moi je dis pareil...
Un texte sombre qui vous étreint la gorge... Oui, heureusement les jeux de maux pour faire passer l'amertume de la pilule!
Un air de mise à mort à coup de rafale de mots..mais qui fait comprendre l'admiration qu'on peut avoir parfois pour l'arme qui a tiré ;)