Les classieux, les morfondus des cimetières

Moi je préfère les boiteux

Ceux qui n’ont pas encore tu leur croisière

Et  sont une âme à nous deux

 

J’ai souvent perdu l’occasion

De me taire et j’étais jeune

Sans eux sans rééducations

A faire de mon rhume une partition connue

 

Une verrue dans la paume

Un claquement silencieux

Une ambition parmi les peureux

Et la formulation de l’atome

 

La guerre des écoles, de rire.

J’en ris de ma condition

Mais dans un frisson de poêle à frire

Souvent avec raison.

 

Je veux bien mourir

Ce n’est pas la question

Mais avec le sourire

Et le meurtre sans fonction.

 

Les véreux les glorieux

Les diligences au soleil

Les peureux de miel

Mes amitiés aux silencieux

 

Tel un ours badigeonné

J’observe le nid des pigeons

Mais ce sont les années

Qui déracinent mes raisons

 

Je suis jeune avec la classe

Et les vieux de classe ancienne

Sont comme moi dans la nasse

En s’assurant de ma haine

 

J’ai peur tout le futur

Car les modèles passent

Mais furtive ma mesure

Invite au tremblement des masses

 

Sans virgules surtout pas

Ni points ni d’administrations

J’écris à l’heure du repas

A la place des informations

 

Sans flair et sans gloire

Je pourris d’air comme toi

En m’inspirant tous les soirs

Des amours que je ne sais pas.








Roman KENDAR, un peu n’importe comment un peu importuné mais pourquoi ?, le 18.11.2007