Bien entendu le rêve a disparu. A peine encore un peu de sommeil neutre. Tout ce qui n’est jamais venu à temps. Tout ce qui aujourd’hui ne peut plus se taire, s’endormir. Tout ce qui devait être su, tout ce qui se découvre. Et la lucidité c’est la mort. Du petit cheval  te souviens-tu de  l’enfant qui avait tant d’idées ?

La graphomanie ce n’est pas de la littérature. Tu ne savais pas ?

Ecrire sur l’écrire. Quelle beuverie ! L’âme boite et l’esprit bourre ses chaussures de papier journal.

Les lettres suintent, puis un jour, le mur s’effondre.

Tes ennemis marchent vers toi, puis courent sur tes gravats en les piétinant.

Bien entendu tu n’as plus de rêve.

C’est celui qui dit qui est. Tu es fou.

Dire que tu n’y croyais pas.

Branchée sur le réel, ta prise sur le passé est en court circuit.

Oui le chemin est long, et parfois, il ne mène nulle part.

 

« Là où d'autres proposent des œuvres, je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit. ». Antonin Artaud

 

Nous sommes nombreux à ne plus rêver. Même éveillés.

J’ai conduit mon silence à la rédaction parce que je ne trouvais pas le sommeil.

J’ai noyé mon esprit dans l’alcool parce que je n’avais pas la force de supporter mon âme, cette idée sobre.

Le libre arbitre n’est qu’un sentiment de supériorité sur les « autres » et les choses.

Le seul choix que je me souvienne avoir fait, c’est de dire non là où j’aurais dit oui si mon libre arbitre n’avait pas souffert de l’éducation.

Je dis non quand je veux. Mais un peu n’importe quand et pour n’importe quoi.

Ça me donne la conviction d’être libre. Enfin j’y croyais.

 

« Ce qui peut se dire manque de réalité. N’existe et ne compte que ce qui ne passe pas dans le mot. ». CIORAN

 

 

Bien entendu je ne rêve plus. Je n’ai jamais rêvé. Mais avant, je ne savais pas que c’était possible d’écrire cela.

En réalité, dans mon dernier rêve, j’étais un super héros qui débarrassait le monde (le mien) de ses débris (les siens) en exécutant au hasard mes envies de meurtre. Avant de m’endormir cette nuit-là, j’avais relu un peu Edgar Allan Poe. Où est mon libre arbitre dans ce rêve ?

Le super héros ? C’était Capitaine FLAM. Ça remonte à loin mon dernier rêve.

 

 

« On croit que les rêves, c'est fait pour se réaliser. C'est ça, le problème des rêves : c'est que c'est fait pour être rêvé. ». COLUCHE

 

 

Bien entendu, je ne rêve plus. Je n’aime pas les rêves. Ils m’endorment. Plus que l’interprétation des rêves, je crois que l’analyse la plus intéressante est celle de mettre en relief les « différentes épopées » de sa propre existence avec les matins où l’on ne se souvient pas de ses rêves.

Pourquoi je ne « rêve » pas ? Mon âme se tait parce que je le lui ordonne.







Roman KENDAR, sous hypnose, le 04.11.2007