Et si ma spontanéité rejoignait les profondeurs où ses abscisses, depuis toujours et surtout sans arrêt, mélangent les parfums du déshonneur attroupé sans savoir que la puanteur existe en deçà des eaux troubles ?

Et si moi aussi, j’acceptais de ne plus osciller entre les larmes du fleuve et celles d’un crocodile pour la forme ?

Et si les dents rouges et si les dents baves, je mettais un peu de vie dans mon vin, qui saignerait plus que moi ?

Il est entendu que l’horreur ne se vit qu’à titre personnel.

Alors on  cherche des passagers d’infortune, des amis du même mensonge pour un voyage hors de soi.

Et voici les hordes qui s’affrontent.

Les groupes tolérants qui s’effondrent pendant la guerre ultime de leurs différences.

La seule récompense de l’homme, c’est sa capacité à désirer la solitude malgré l’épreuve.

Car il s’agit bien de preuves. La bêtise délimite le carcan de l’inexistence sereine.

Demain il fera nuit, puisque notre légitime condescendance n’a jamais supporté plus que de se vêtir de blancs linceuls.

Chaque rôle et chaque putain.

Les papillons sont des fleurs mais le regard des hommes a décidé qu’ils ne seraient que des ailes décalées, car chacun son autre bout du monde.

Chacun son crawl, ainsi chaque matin nos vies brassées courent après leurs uniques destins.

Peu importe la noyade, du moment qu’on manque d’air avec un bonnet d’or.

L’humanité brille au fond de la piscine.

Parfois un enfant s’y étouffe, sans un bruit et sans sonnerie à l’heure de l’apéro.

L’électronique des anges tombés dans l’amertume, sait faire taire les tableaux électriques mondains.



« Tout recommence et tout fout le camp

Ne te mélange pas avec ceux qui te manquent de mélancolie

Ou alors si mais si seulement

Tu avais le feu du temps en plus de l’école qui embrase ta vie. »



C’est ce que me chantait ma grand-mère

Avant qu’elle ne meure comme une abeille.

On ne remplace bien que les reines…

Ou les guêpes.



Il est attendu que l’horreur ne se vive qu’à titre personnel.

Et si les gens fougues et si les gens braves, la vie de ma grand-mère serait-elle un voyage plus loin ?



Les voilà sur mon front, les cordes autrefois lisses qui s’effondrent aujourd'hui…